La vandoise

Aspect.

Petite bouche située en dessous d’un museau arrondi, plus pointu et plus long chez l’aubour, variété méridionale de ce poisson, que chez la vandoise vivant dans les autres régions, bouche qui semble donc indiquer un poisson recherchant sa nourriture sur le fond alors qu’en réalité, il s’alimente à toutes les hauteurs d’eau jusqu’au ras de la surface.

Taille.

Pouvant atteindre plus de 30 centimètres pour près d’un kilo. (Toutefois, beaucoup de pêcheurs qui ont pratiqué cette pêche pendant plusieurs décades, soit pour s’amuser après la fermeture du saumon dans les gaves, soit pour « faire » des vifs à brochet, n’ont jamais pris ni vu prendre une vandoise une livre !).

Habitat.

Sur fond mi-sablonneux, mi-caillouteux, dans les rivières à courant assez vif ou dans la partie la plus rapide des rivières à courant lent, dans les pièces d’eau traversées ou alimentées par l’eau fraîche d’une rivière à salmonidés.

Nourriture.

Larves, vers, petits crustacés, insectes aquatiques et terrestres, débris végétaux.

Principales tenues.

Du printemps à l’automne, dans les courants assez vifs et relativement peu profonds (0 m.50 à 2 mètres), en aval d’un raidier et en amont des gués. Par très fortes chaleurs, sur le raidier lui-même, derrière des rocs divisant le courant.
En hiver, dans la partie la plus profonde d’un pool. Il convient d’autre part de préciser qu’au moment des crues, il y a beaucoup plus de vandoises à prendre dans les petits affluents que dans la rivière elle-même.

(auteur : M.Duborgel).

Le vairon

Aspect et taille.

9 à 10 centimètres au grand maximum ; c’est, si l’on excepte l’épinoche qui se prend accidentellement, le plus petit poisson recherché par les pêcheurs, et c’est aussi le meilleur « poisson-appât », qu’il s’agisse de pêcher perche de 150 grammes ou saumon de 10 kilos, brochet, truite ou black-bass …
Quel très important poisson que ce petit poisson-là !

Habitat.

Eaux vives des rivières et des ruisseaux à fond mi-caillouteux, mi-sablonneux.

Nourriture.

Vers, larves, oeufs et alevins de poissons ; débris végétaux.

Principales tenues.

Sauf en hiver, durant lequel les vairons se réfugient sous les berges anfractueuses, ils ont toujours « le nez au courant », principalement dans les petites cuvettes à fonds de gravillon se formant à la base des raidiers ou dans les amortis de courant situés le long des chevelures d’herbes.

(auteur : M.Duborgel).

Le poisson-chat

Aspect.

Bouche très grande, s’ouvrant en travers d’une tête aplatie et si grosse par rapport au reste du corps que, coupé à la hauteur de la nageoire dorsale, celui-ci peut entrer aisément dans cet entonnoir buccal, ce qui explique pourquoi ce poisson s’attaque à des proies aussi grosses que lui !

Particularités des nageoires : nageoires pectorales et première nageoire dorsale armées d’un aiguillon très acéré et d’autant plus dangereux que ce poisson à dos visqueux glisse facilement entre les doigts. Pour le saisir, le laisser suspendu au bout du bas de ligne jusqu’à ce qu’il s’immobilise et, au lieu d’essayer de le prendre à l’aide d’un chiffon que ses aiguillons traversent facilement, avancer précautionneusement la main, côté ventre, et l’empoigner par la tête en plaçant l’index et le majeur à la base des aiguillons pectoraux.

Taille.

Quinze à vingt-cinq centimètres pour un poids maximum d’une livre que, fort heureusement, il n’atteint presque jamais.

Habitat.

Dans presque toutes les rivières à courant lent. S’il ne peut sévir, comme le fait le hotu, dans les eaux froides des rivières à salmonidés, il compense largement ceci par sa prolifération dans les canaux et les étangs.

Nourriture.

Laves, vers, oeufs de poissons, poissons vivants qu’il mutile en les saisissant par la queue, poissons morts, détritus animaux ou végétaux … Bref, tout ce qu’un pêcheur peut mettre au bout de sa ligne pour l’offrir à d’autres poissons, que ce soit un vif à brochet ou un grain de blé destiné aux gardons, etc. !

Principales tenues.

De préférence sur fond vaseux, en bordure des herbiers ou des roseaux mais aussi sur les fonds caillouteux, surtout en bordure des enrochements de protection des perrés.

(auteur : M.Duborgel).

Le hotu

Aspect.

La bouche à lèvres rectilignes ou très faiblement arquées, épaisses et tranchantes, située très nettement en dessous du museau épais, caractérise un poisson s’alimentant sur le fond, principalement sur des fonds rocailleux.

Taille.

Jusqu’à 50 centimètres pour une poids de 8 livres.

Habitat.

Poisson vivant en bancs compacts envahissant progressivement toutes les rivières, depuis le cours inférieur des fleuves profonds jusqu’au cours moyen de certaines rivières à salmonidés

Nourriture.

Vers, larves, petits crustacés, insectes aquatiques, algues, mousse, oeufs et alevins de poissons que ces maudits hotus détruisent en telle quantité que , dans certains endroits, ils finissent par éliminer toutes les autres espèces.

Principales tenues.

Sur les fonds rocheux, aussi bien sur le petit gravier que sur les gros galets,  et contre toutes les parois où la mousse peut s’accrocher, enrochements de protection des perrés et des piles, racines sortant des berges ravinées, ouvrages cimentés, grosses roches, etc., contre lesquels ils ventrouillent en rangs compacts, parfaitement visibles grâce aux éclaire argentés provoqués par les incessant mouvement de bascule d’un flanc à l’autre.

(auteur : M.Duborgel).

L’ablette

Aspect.

Petite bouche très oblique vers le haut, mâchoire inférieure dépassant nettement la mâchoire supérieure. Ces caractères indiquent un poisson se nourrissant de petites proies recherchées principalement dans une zone voisine de la surface ou en surface, se pêchant donc à l’aide d’esches peu volumineuses, sur petits hameçons et lignes dont l’ensemble flotteur-plombée peut être réduit au strict minimum.

Taille.

Maxima 20 centimètres pour une moyenne de 10 à 15 centimètres. Un nylon 10/100ème est donc très largement suffisant pour permettre de sortir d’autorité la plus grosse ablette. Il est même possible de descendre jusqu’au 6/100ème sans trop de risques de casse et, pour qui aime à laisser sa chance au poisson, jusqu’au 4/100ème sous réserve d’utiliser un caoutchouc roubaisien.

Habitat.

L’ablette se trouve dans toutes les eaux courantes ou calmes, excepté dans les eaux torrentielles ou très bourbeuses. Elle se pêche donc dans toutes les rivières hormis les torrents, dans tous les étangs, canaux et lacs hormis les mares croupissantes. De tous les poissons de la famille des cyprinidés, poissons suffisamment prolifiques pour que la seule interdiction de leur pêche en temps de frai puisse largement assurer la protection des divers espèces, l’ablette est le seul dont la pêche soit encore soumise à une taille légale minima dans certains lacs (13 centimètres pour le Léman) afin d’éviter la destruction massive des bancs par les pêcheurs au filet qui recherchent ces poissons pour leurs écailles, celles-ci servant à fabriquer l’essence d’Orient utiliser pour nacrer les perles fausses.

Nourriture.

Petits insectes terrestres ou aquatiques, larves, vers, débris végétaux ou animaux.

Principales tenues.

1 – Du printemps à l’automne.

En eau courante :

Dans tous les courants lents et dans la partie la plus lente des courants vifs.
Dans les « bleus » se formant en bordure des bouillonnements « blancs » au pied des rapides et des chutes.
En aval de tout ce qui peut freiner la vitesse du courant, grosse roche, épi, promontoire, pile, brusque dépression du fond.

En eau calme :

Au voisinage des herbiers de pleine eau, des bordures de roseaux et le long des murettes et perrés moussus. Excepté dans les courants très rapides, il est donc possible de pêcher l’ablette un peu partout. il convient, toutefois, de tenir compte des remarque suivantes :

a) Même en été quelle que soit la largeur de la rivière ou l’importance de la pièce d’eau, les bancs d’ablettes les plus importants se trouvent toujours dans les parages des endroits où l’eau peut se troubler momentanément (embouchures des rus et rigoles d’amenée, sorties de caniveaux d’abattoirs ou d’écoulement des eaux de ruissellement, bouches d’égouts, culée d’un lavoir, aval des abreuvoirs) et c’est dans l’un ou l’autre de ces endroits que le nuage d’eau trouble artificiellement créé par une amorce rationnelle agit le plus rapidement.

b) De deux traînées d’eau trouble, l’une laiteuse (eau savonneuse), l’autre boueuse (caniveau qui « donne » après la pluie) la seconde fait remonter un plus grand nombre de poissons de diverses espèces (goujons, vandoises, barbillons, etc.) mais la première rassemble un plus grand nombre d’ablettes et le secret de l’incontestable efficacité des amorces blanchissant l’eau réside tout simplement dans ce fait aussi étonnant qu’aisément vérifiable.

c) Si les ablettes se tiennent généralement plus près de la surface que du fond, elles aiment toutefois à avoir une certaine hauteur d’eau au-dessous d’elles et si, en un point d’un endroit dont la profondeur moyenne est inférieure à un mètre, la sonde indique une cuvette un peu plus profonde, c’est au-dessus de celle-ci qu’il convient de chercher à les rassembler grâce à l’amorce, car elles y stationneront plus volontiers qu’en n’importe quel autre point du « coup ».

Exemple : en Loire, sur les grèves « blondes », grèves en pente très douces et léchées par un courant lent, les petits garbeaux  (chevesnes) rôdent jusqu’au ras du bord, parfois dans cinq centimètres d’eau, mais à part quelques « rôdeuses », il est inutile de chercher à y prendre des ablettes s’il n’existe aucun « bleu » indiquant une eau un peu plus profonde en un point quelconque.

2 – De l’automne au printemps.

En rivière :

En temps de crue, dans les calmes et les remous le long des rives, dans les noues et fausses rivières, en aval des buissons immergés et, surtout, à l’embouchure des petits affluents ; en hiver, dans les remous relativement profonds.

En étang :

En automne et au début du printemps, au voisinage des rigoles d’amenée et des vannes ; en hiver, dans la partie la plus profonde de la pièce d’eau, généralement dans les parages des vannes du déversoir.

En canal :

Côté contre-halage, au long des roseaux et des joncs.

(auteur : M.Duborgel).

Le barbeau

Aspect.

Bouche située en dessous du museau, caractéristique d’un poisson recherchant sa nourriture sur le fond et se pêchant donc à l’aide d’esches traînant sur le fond. Premier rayon de la nageoire dorsale épais et dentelé, rayon dans lequel le bas de ligne risque de s’accrocher et de se rompre. Seul moyen de parer à cette défense instinctive du barbeau : lutter canne haute et ne rendre que le strict minimum de fil lors d’une traction brutale, en agissant toujours en oblique par rapport à la direction prise.

Taille.

Peut atteindre 1 mètre pour une poids de 15 à 20 livres, mais dans les fleuves profonds du type Seine, un barbeau de 8 à 10 livres peut être considéré comme une très belle prise, et dans les rivières du type Loire, Cher, etc., le poids courant des captures s’échelonne entre 800 grammes et 3 livres pour n’atteindre qu’exceptionnellement 6 à 8 livres. Il convient d’ailleurs de signaler que la vigueur d’un barbeau de 6 livres pris en Loire est au moins égale à celle d’un « moustachu » pesant le double, pris dans une fosse profonde d’un fleuve à courant lent. Sans ruser comme le ferait une carpe, ce poisson se défend d’ailleurs presque aussi vigoureusement qu’elle,  quel que soit son poids.

Habitat.

Principalement dans les eaux moyennement courantes des rivières de plaine à fond caillouteux, mais aussi dans les eaux rapides des rivières à truites dans lesquelles ce grand destructeur d’alevins et d’oeufs s’aventure parfois très loin en amont de la zone dite zone à barbeau (que théoriquement, il ne devrait pas dépasser !).

Nourriture.

Vers, larves, mollusques, crustacés, insectes, oeufs de poissons, alevins, détritus animaux, mousse, algues, déchets alimentaires.

Tenues principales.

Les plus gros spécimens de l’espèce se tiennent dans les fosses profondes à fond chaotique, principalement sous les arches de pont, au pied des barrages et des chutes naturelles et le long des enrochements de protection des perrés contre lesquels le courant « porte »,  par groupes dépassant rarement une vingtaine d’individus alors que les barbeaux moyens (2 à 6 livres) ou petits (150 grammes à 2 livres) vivent en troupes très nombreuses circulant un peu partout, même dans les vingt centimètres d’eau, pourvu que le fond soit caillouteux et qu’il y ait du courant. Lorsque l’eau commence à se réchauffer à la fin des crues printanières, ils signalent fréquemment leur présence par des sauts de plus en plus nombreux jusqu’au début de l’automne. Pourtant, en Loire, on peut remarquer que les gros barbeaux ne sautent presque jamais et que lorsque les sauts se font entendre trop souvent, les captures sont presque nulles. Par contre, si du haut d’un pont ou d’un perré, on aperçoit des fuseaux bruns louvoyant et virevoltant  le long des rocs en jetant d’intermittents reflets dorés, l’indice est excellent.

(auteur : M.Duborgel).

Le goujon

Aspect.

La bouche située en dessous d’un museau arrondi, portant un barbillon de chaque côté à l’angle des lèvres charnues, caractérise un poisson qui recherche sa nourriture en fouillant sur le fond.

Taille.

De 10 à 15 centimètres en moyenne, exceptionnellement 18 centimètres.

Habitat.

Poisson vivant en bancs, sur les fonds mi-sablonneux,  mi-caillouteux, des lacs et des rivières.

Nourriture.

Larves, vers, mollusques, petits crustacés, oeufs de poissons, fragments d’algues filamenteuses, détritus végétaux.

Principales tenues.

Dans les fleuves du type Seine :

Sur les hauts fonds de marne grise recouverte de plaques de mousse et sur les plages sablonneuses.

Dans les grandes rivières du type Loire :

Sur les grèves mi-sablonneuses, mi-caillouteuses, léchées par un courant peu profond ; dans la partie la moins courante d’une coulée entre deux bancs de sable, sur le fond parsemé de galets (en Loire, ces coulées s’appellent « rio »).

Dans les rivières à débit torrentiel du types Gaves :

Sur les plaques sablonneuses situées en aval d’une grosse roche ou au pied d’un rapide ; dans les couloirs à courant lent entre deux plaques de marne dure ; à la base des éboulis de terre mi-argileuse, mi-sablonneuse.

(auteur : M.Duborgel).